Sans grande surprise, Bank Al-Maghrib maintient le statu quo au niveau de son taux directeur. Dans un contexte en ligne avec l'objectif de stabilité des prix et une légère orientation à la hausse de la balance des risques, les sages du Conseil de la banque centrale ont décidé de laisser inchangé le taux directeur à 3,25%.
Cette décision aura été prise dans un contexte qui reste marqué par une maîtrise des tensions sur les prix. Après 1,6% au premier trimestre, l'inflation s'est quelque peu assagie pour se situer à -0,3% en avril, en glissement annuel, après 1,6% au premier trimestre. Celle dite sous-jacente, qui reflète la tendance fondamentale des prix, s'est établie à 1,8% en avril, après 1,7% au premier trimestre. Selon Bank Al-Maghrib, a contrario, les prix à la production industrielle, qui reflètent ceux des matières premières au niveau international, ont enregistré une hausse de 15,2% en avril. Dans ce sillage, il a été indiqué que «l'augmentation en glissement mensuel des prix à la production industrielle s'est nettement ralentie, s'établissant à 1,3% en avril, après 9% au premier trimestre». La prévision centrale de l'inflation ressort en ligne avec l'objectif à moyen terme de stabilité des prix. L'inflation devrait s'établir à 1,9% en moyenne sur l'horizon de prévision.
Au terme du troisième trimestre 2012, l'inflation devrait se situer à 2,4%. En raison de la forte diminution des prix des produits alimentaires entre janvier et avril, la prévision pour 2011 a été revue à la baisse, soit 1,4% au lieu de 2,1%, chiffre avancé par Bank Al-Maghrib dans son rapport sur la politique monétaire de mars dernier. L'inflation sous-jacente devrait pour sa part rester modérée, ne dépassant pas 2%. Au registre de la conjoncture économique, la banque centrale indique que la reprise de l'économie mondiale s'est poursuivie avec des rythmes différenciés selon les régions et les pays. Tandis que dans les pays avancés, les incertitudes sur la croissance persistent, notamment à la lumière des évolutions observées au premier trimestre 2011, dans les pays émergents, l'activité économique demeure vigoureuse, en dépit du léger ralentissement enregistré dans certains pays d'Asie.
Il reste, selon les conjoncturistes du régulateur monétaire que « si les perspectives de croissance au plan mondial semblent favorables, de fortes incertitudes demeurent ».
Outre le fait incontestable que de forts aléas restent tributaires des évolutions sur les marchés de l'emploi et du crédit dans les pays avancés, ainsi qu'à la dette souveraine dans la zone euro, une kyrielle de risques découlent également des fluctuations des cours mondiaux de matières premières.
Un bémol susceptible d'être amplifié par des tensions inflationnistes dans les pays émergents et des pressions géopolitiques dans la région MENA. Au plan national, l'amélioration de la demande extérieure et le renforcement de la demande intérieure se sont poursuivis.
Ainsi, la croissance globale et celle du PIB non agricole se situeraient entre 4,5% et 5,5% en 2011.
«Dans ces conditions, l'output gap non agricole, pertinent pour l'évaluation des pressions inflationnistes, devrait globalement rester à des niveaux ne représentant pas de risques pour la stabilité des prix ».
Toutefois, et pour la banque centrale, «certaines tensions émanant du marché du travail pourraient apparaître au cours des prochains trimestres ».
Concernant la conjoncture monétaire, Bank Al-Maghrib signale la poursuite du ralentissement de la croissance de la masse monétaire, avec un rythme de 4,1%.
L'écart monétaire s'est maintenu à un niveau négatif, dénotant de l'absence de pressions d'origine monétaire sur les prix. Le rythme de progression du crédit bancaire s'est établi à fin avril à 6,8% en glissement annuel, et devrait se situer autour de 8% sur l'ensemble de l'année.
Les créances sur l'économie ont enregistré une augmentation de 6,7% au lieu de 12,5% une année auparavant, avec notamment un ralentissement du rythme de progression des crédits bancaires de 11,7% à 6,8%.
Les crédits à l'équipement et ceux à l'immobilier ont progressé respectivement de 11,8% et de 9,2%, tandis que les prêts à la consommation ont marqué un accroissement de 6,2% et les facilités de trésorerie de 10%.
La ventilation des créances sur l'économie par secteur institutionnel laisse apparaître une hausse de 10,6% des prêts accordés au secteur privé, les crédits aux sociétés non financières s'étant accrus de 15,4% et ceux accordés aux ménages de 3,9%.
En revanche, les crédits bancaires au secteur public et ceux aux autres sociétés financières ont reculé respectivement de 7,1% et de 8,8%.
Le matin






















