Tout en sollicitant certains établissements bancaires afin de renforcer la couverture de risques par un niveau plus élevé de fonds propres de base, de provisions et d'actifs liquides, la Banque centrale a conforté sa surveillance des zones du secteur.
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C'est ainsi que Bank Al-Maghrib a renforcé le cadre réglementaire relatif aux fonds propres par l'adoption des approches avancées de Bâle II. Ces nouvelles exigences prudentielles visent à améliorer la mesure des risques de crédit, de marché et opérationnel, et à rehausser davantage l'adéquation des fonds propres.
Au demeurant, et selon le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, «ces évolutions réglementaires sont de nature à mieux préparer le système bancaire au dispositif de Bâle III». Et de dire qu'il s'agit là «des nouvelles normes prudentielles, édictées par le Comité de Bâle en décembre 2010, visant à renforcer les fonds propres des banques en quantité et qualité ainsi que leur niveau de liquidité, en vue de les rendre moins vulnérables aux chocs spécifiques ou macro-économiques. Pour M. Jouahri, «le contexte rappelle, s'il en était besoin, la nécessité de nouvelles réformes réglementaires et institutionnelles accompagnant la mise en place d'une supervision macro-prudentielle. Dans cette perspective, nous avons engagé la révision des textes régissant le statut de la Banque centrale et la loi bancaire en vue notamment d'organiser la surveillance des risques systémiques dans une vision globale de stabilité financière et pour asseoir une étroite coordination entre les autorités du secteur financier».
Sur le plan de l'inclusion financière, fait observer le gouverneur de la Banque centrale dans le rapport sur la supervision bancaire au titre de 2010, le renforcement de l'implantation des banques et l'adaptation de leur offre de services ont permis de relever le niveau de bancarisation de la population à environ 50%. Bank Al-Maghrib a engagé le système bancaire à consentir un nouvel effort en vue de porter ce rapport à 66% dans les trois ans à venir.
Au préalable, le document de BAM, publié vendredi dernier, indique qu'en 2010 l'environnement économique international s'est légèrement amélioré conséquemment aux mesures exceptionnelles de soutien de l'économie et du secteur financier prises dans le sillage de la crise financière. Bank Al-Maghrib a continué à utiliser les instruments de réserves obligatoires et de gestion de la liquidité bancaire pour répondre aux besoins de financement de l'économie. Dans ce contexte, le système bancaire a maintenu sa résilience, comme le montrent ses indicateurs d'activité, de résultats et prudentiels. Ainsi, le total des concours des établissements de crédit a augmenté de 9,3%, après une hausse de 10,7% l'année précédente. Cette décélération résulte pour l'essentiel du ralentissement, à nouveau, des facilités à la promotion immobilière, alors que pour leur part, les crédits finançant l'acquisition de logements par les ménages et l'investissement continuent à enregistrer des taux de croissance à deux chiffres.
Il n'empêche que le coût du risque de crédit a pesé sur leurs résultats, notamment ceux des sociétés de crédit à la consommation. Sur la base de leur activité au Maroc, les banques ont réalisé un bénéfice net cumulé en hausse de 5,4% à 9,7 MMDH. Cette évolution résulte de la bonne tenue du produit net bancaire (PNB) généré par les activités d'intermédiation et de prestation de services, les revenus tirés des opérations de marché ayant marqué une croissance soutenue mais inférieure à celle de l'exercice précédent. Elle provient, également, de l'amélioration du coefficient d'exploitation qui a baissé à 46,3%. Les huit groupes bancaires ont réalisé un résultat net cumulé de 10,5 MMDH, en redressement de 12 %. Ils tirent ainsi profit de la consolidation des différents métiers et de la diversification de leurs activités tant au plan local qu'international. Grâce à l'évolution maîtrisée des risques, le ratio de solvabilité moyen des banques s'est amélioré, atteignant 12,7% contre 12% en 2009. Il reste que si ces éléments confirment de nouveau la résilience du système bancaire, ils ne doivent pas occulter la nécessité de poursuivre les efforts entrepris en matière de gestion des risques face à la montée de certaines vulnérabilités. Pour le régulateur de la politique monétaire, «la dégradation conjoncturelle à laquelle sont confrontés certains secteurs économiques pourrait se traduire par l'élévation des risques de défaillance des entreprises, qui est de nature à peser sur le coût du risque des établissements de crédit».
Des moyens conséquents
Les établissements bancaires qui développent des expositions à long terme et à taux fixe, non suffisamment encadrées, peuvent être confrontés à une fragilisation de leur PNB, au cas où le renouvellement de leurs ressources s'effectue dans des conditions moins favorables. Ces différentes vulnérabilités soulignent l'importance d'une gouvernance saine assignant aux établissements une stratégie et des objectifs bien définis. Il faut dire que pour la seconde année consécutive, la solvabilité de la clientèle des particuliers s'est affaiblie, au vu du montant des défauts de paiement qui a caracolé en nette hausse. Voilà pourquoi Bank Al-Maghrib a déployé des moyens conséquents pour surveiller la mise en œuvre des récentes mesures prises pour améliorer la transparence des pratiques des établissements de crédit à l'égard de leur clientèle et réduire les coûts des services bancaires. Elle n'a pas manqué de sanctionner toutes les infractions relevées.
Le Matin





















