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Léger allégement des créances en souffrance

Évoluant toujours dans un contexte de resserrement de liquidités, l'activité bancaire continue d'être stimulée par le dynamisme des crédits à l'habitat et à l'équipement des entreprises. En dépit du ralentissement de son rythme de croissance, la distribution du crédit est demeurée soutenue, en 2010, à la faveur du redressement des facilités de Trésorerie et de l'essor des crédits à l'habitat et à l'équipement des entreprises.

Dans ce sillage, et pour la troisième année consécutive, les dépôts collectés auprès de la clientèle se sont établis, à fin décembre 2010, à 622 MMDH, enregistrant un taux de croissance en décélération de 3,5%. En parallèle, note Bank Al-Maghrib, le taux des créances en souffrance s'est maintenu, en moyenne, à un niveau inférieur à celui de 2009, tout en évoluant dans des proportions différenciées selon les établissements de crédit. Le taux de couverture des créances en souffrance par les provisions s'est inscrit en retrait par rapport à 2009. Cette évolution recouvre, toutefois, des situations disparates entre les banques et les sociétés de financement.

créances en souffrance

« Si le taux des créances en souffrance s'est, de nouveau, amélioré pour la première catégorie, il s'est, à l'inverse, dégradé pour la seconde », peut-on ainsi lire dans le Rapport sur la supervision bancaire de BAM. Après une stagnation à fin 2009, le volume des créances en souffrance des banques a affiché une nouvelle baisse, sous l'effet conjugué d'opérations de radiation et de recouvrement. Il s'est chiffré à 29,7 MMDH, accusant un repli de 4%, ramenant le taux des créances en souffrance en deçà de 5%. Pour les banques à capital majoritairement privé, ce taux s'est affiché à 4,1%.

L'essentiel des nouvelles créances déclassées en souffrance, en 2010, a concerné le secteur du Bâtiment et travaux publics et les ménages. Le renforcement des fonds propres des banques, conjugué à la baisse du volume des créances en souffrance, s'est accompagné d'une amélioration du ratio rapportant ces créances nettes de provisions aux fonds propres comptables. Celui-ci a, en effet, baissé à 12,2%. Les sociétés de financement, pâtissant d'une conjoncture moins favorable, ont vu la qualité de leurs risques se détériorer, pour la deuxième année consécutive. Elles ont enregistré un encours de créances en souffrance de 8,6 MMDH, en hausse de 13,2%, après celle de 15,5% l'année précédente. Rapportées à l'encours des crédits, elles ont dégagé un ratio de 10%, contre 9,5%. Ces créances ont été couvertes par des provisions à concurrence de 77%, contre 79%.

Les créances en souffrance des sociétés de leasing se sont élevées à 2,3 MMDH, marquant une progression de 9,8%, après celle de 17% l'année précédente, soit un taux de risque de 5,9%, en légère hausse par rapport à celui de 2009, qui était de 5,7%. Elles ont été couvertes par des provisions à hauteur de 74%, contre 77%. Les sociétés de crédit à la consommation ont vu leurs créances en souffrance sensiblement augmenter. D'un montant de 6 MMDH, elles ont enregistré une hausse de 15,4%, représentant 14% de l'encours brut des crédits, contre 12,6% l'année passée. Ce taux s'est chiffré à 17,4% pour les prêts affectés et à 12% pour les prêts non affectés. Ces créances en souffrance ont été couvertes par des provisions à concurrence de 77%, contre 81%.Toutefois, les créances en souffrance de ces établissements comportent des prêts très anciens, dont la radiation permettrait d'afficher des taux de risque moins élevés. Devant la recrudescence des fraudes au sein du secteur de crédit à la consommation, Bank Al-Maghrib a demandé aux sociétés de financement de renforcer la vigilance dans le traitement des dossiers de crédit.

Dans ce sens, elle a élaboré en 2010, en concertation avec l'Association professionnelle des sociétés de financement, une directive, entrée en vigueur en 2011, qui fixe les mesures minimales à observer par ces sociétés lors de l'octroi des crédits et incite à instaurer un cadre d'échange, entre elles, sur les fraudes constatées. De même, l'année 2010 a connu le démarrage effectif du dispositif de médiation au sein du secteur des sociétés de financement, qui vient ainsi compléter celui adossé au GPBM. Une attention accrue a été accordée, en particulier, au suivi de la qualité du portefeuille crédit, notamment des créances détenues sur les contreparties importantes. En plus des investigations réalisées sur le risque de crédit dans le cadre des enquêtes programmées, des visites trimestrielles, auprès des principaux établissements, ont été menées par des équipes conjointes relevant du contrôle permanent et du contrôle sur place, en vue d'évaluer l'impact du recul de l'activité de certains secteurs économiques. A cet égard, Bank Al-Maghrib a demandé aux établissements concernés de maintenir une gestion rigoureuse du risque de crédit, d'utiliser les informations du Credit bureau (centrale d'informations sur le crédit) pour évaluer la solvabilité de leurs clients et de couvrir leurs contreparties vulnérables par des provisions suffisantes.

Repli des dépôts auprès de BAM

Les créances sur les établissements de crédit et assimilés se sont établies à 128 MMDH marquant une nouvelle baisse de 10,8%, après celle de 8,8% enregistrée l'année précédente. Cette évolution s'explique par le repli des dépôts auprès de la Banque centrale résultant de la baisse de la réserve obligatoire, le recul des prêts aux sociétés de financement et par la contraction, pour la troisième année consécutive, des créances sur les établissements de crédit à l'étranger. En vue de permettre aux banques de continuer à assurer un financement approprié de l'économie, le Conseil de Bank Al-Maghrib a réduit, en 2010, le taux de la réserve obligatoire de deux points. En conséquence, les dépôts auprès de la Banque centrale, constitués essentiellement d'avoirs au titre de la réserve monétaire, ont baissé de 18% à 30 MMDH. Les créances sur les banques locales, d'un montant de 18,7 MMDH, se sont accrues de 18,8%, contre 28% l'année passée. Sur ce total, les prêts de trésorerie ont augmenté de 21,8% à 9,7 MMDH, contre 25% et les valeurs reçues en pension se sont maintenues à 3,4 milliards. S'agissant des prêts financiers, ils ont marqué une hausse de 28,7% à 5,6 milliards, contre une baisse de 19,5% une année auparavant.

 

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