Toujours pas de changement notable en matière de politique monétaire. Après avoir passé au crible l'évolution récente de la situation économique, monétaire et financière ainsi que les prévisions d'inflation, Bank Al-Maghrib (BAM) a maintenu le statu quo en laissant le taux directeur inchangé à 3,25%.
Hier mardi à l'issue de la tenue de sa réunion trimestrielle, le conseil de la Banque centrale a justifié cette décision par l'absence de risque inflationniste et par «une balance des risques» orientée à la baisse. Modérée, l'inflation n'aura progressé que de 0,5% en novembre.
Dans ce sillage, reflétant la tendance fondamentale des prix et excluant les produits à prix volatiles et à tarifs publics, l'inflation sous-jacente s'est établie à 1,6% en novembre, après 1,5% en octobre et 1,6% en septembre. Au terme du premier trimestre 2013, l'inflation devrait se situer à 2,1%. Tandis qu'elle a été révisée à la baisse de 1,3% à 1% pour 2011, l'inflation tournerait autour de 1,5% en 2012. Pour sa part, l'inflation sous-jacente devrait rester modérée, ne dépassant pas 2%. Quant au rythme de progression des prix à la production industrielle, BAM indique qu'il est demeuré rapide en glissement annuel, s'établissant à 15,4% en octobre, après 15,5% en septembre et 15,9% en août, en liaison avec le niveau encore élevé des cours des matières premières sur le marché international.
Au niveau national, malgré l'évolution des indicateurs des comptes extérieurs à fin novembre qui reste globalement positive, notamment les recettes des transferts des MRE, quelques signes de diffusion des effets du ralentissement de l'activité dans les pays partenaires apparaissent, comme en témoigne notamment la décélération graduelle des rythmes de progression des recettes voyages et des exportations hors phosphate et dérivés depuis plusieurs mois. Dans ce contexte, la croissance pour l'ensemble de l'année 2011, aussi bien pour le PIB global que pour celui non agricole, a été légèrement revue à la baisse, se situant désormais entre 4% et 5%, au lieu de 4,5% et 5,5% précédemment. En 2012, la croissance globale devrait également s'établir dans une fourchette entre 4% et 5%. «Au total, et si les conditions des principaux pays partenaires ne venaient pas à se dégrader davantage, l'output gap non agricole devrait afficher des valeurs proches de zéro au cours des prochains trimestres, dénotant ainsi l'absence de pressions inflationnistes provenant de la demande».
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Pour ce qui est des évolutions monétaires à fin octobre 2011, la tendance fait apparaître des hausses respectives de 5,3% et de 7% de M3 et du crédit, en glissement annuel, après 5,1% et 7,5% au troisième trimestre, alors que l'écart monétaire demeure négatif, dénotant de nouveau de l'absence de tensions inflationnistes. Sur l'ensemble de l'année, le rythme de progression du crédit bancaire devrait se situer entre 7 et 8%, soit un niveau proche de son rythme de long terme. Au chapitre de la conjoncture monétaire, il y a lieu de rappeler que depuis le début de l'année, les créances sur l'économie ont enregistré une augmentation de 6,7% avec notamment une progression de 7% des crédits bancaires. En effet, les crédits à l'équipement ont marqué une progression de 1,1% et les crédits immobiliers de 10,1%, tandis que les prêts à la consommation ont marqué une hausse de 10,2% et les facilités de trésorerie de 12%. Concernant les avoirs extérieurs nets, ils ont accusé un repli de 9,1%.
La ventilation des crédits bancaires par secteur institutionnel fait ressortir un ralentissement du taux d'accroissement des crédits destinés au secteur privé, revenant de 11,5% à 8,9%. Cette évolution résulte d'un accroissement de 8,7% du rythme de progression des crédits accordés aux ménages et d'un ralentissement à 9,2% des crédits accordés aux sociétés non financières privées. Sur le plan international, les prévisions de croissance ont été revues à la baisse dans la plupart des pays et les risques de récession ont sensiblement augmenté chez les principaux partenaires du Royaume. Selon BAM, les résultats des comptes nationaux du troisième trimestre 2011, ainsi que les derniers indicateurs du marché du travail et du crédit, signalent la poursuite de la détérioration de l'activité économique, avec un rythme plus accentué dans la zone euro. «L'insuffisance des progrès au niveau des finances publiques se traduit par une crise de confiance dans la zone euro, qui est accompagnée par la dégradation des notations souveraines de plusieurs pays et de nombreuses institutions financières. «Ces évolutions laissent entrevoir un reflux des tensions inflationnistes d'origine externe au cours des prochains trimestres ainsi qu'une baisse de la demande étrangère adressée au Maroc».
Le Matin





















