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Bank Al-Maghrib joue la carte de la demande interne

L’année 2012 se passera sous le signe du statu quo. Le conseil trimestriel de la Banque centrale a choisi de maintenir, inchangés, le taux directeur et celui des réserves obligatoires. Objectif : soutenir la demande interne qui supporte la croissance économique, au moment où la demande externe continue son fléchissement.

Pour maintenir une croissance économique à un rythme quasi-stable, favoriser la demande interne est l’un des enjeux phares en ces temps de crise qui touchent les principaux partenaires du royaume. D’ailleurs, à juste titre, Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib a souligné, lors d’un point de presse mardi à Rabat, que le risque de récession au niveau de nos principaux pays partenaires avait augmenté de manière significative. Avant d’ajouter : «Malgré la tendance générale positive des indicateurs des comptes extérieurs à fin novembre, en particulier les recettes des transferts des Marocains résidant à l’étranger, certains signes font apparaître l’impact de la propagation du ralentissement économique dans les pays partenaires du royaume».

La Banque centrale a ramené ses prévisions de croissance économique pour cette année à 4 %  – jusqu’à 5 % -, contre 4,5 à 5,5 %, prévus auparavant. De même, en raison de la flambée des cours des matières premières, la Banque centrale a indiqué qu’elle s’attendait à un déficit budgétaire cette année, pouvant être légèrement plus élevé que prévu, à 5  et 5,5 % du PIB. Pour ce qui est de l’année prochaine, la croissance économique devrait également osciller entre 4 et 5%.

Soutenir la demande interne

Ceci étant, il est clair que «la demande extérieure, en raison de la conjoncture internationale devrait ainsi maintenir son profil négatif, et la croissance globale serait principalement déterminée par la dynamique de la demande intérieure», lit-on dans le rapport de la Banque centrale. Encourager la demande des ménages passerait donc par une maîtrise de l’inflation, un point sur lequel le gouverneur de BAM a insisté : «Le Conseil de Bank Al-Maghrib restera «attentif» aux facteurs qui pèseront sur la stabilité des prix». Côté prévisions, l’inflation resterait modérée au cours de l’an prochain, avec une moyenne de 1,5%, avant de remonter à 2,1% au premier trimestre 2013. Quant à l’inflation de base, elle ne devrait pas dépasser 2% d’ici la fin du premier trimestre de 2013. En plus de la stabilité de l’inflation, il est impératif pour le soutien de la demande que les taux de crédit soient stables, dans un contexte marqué par la pression sur les liquidités, qui s’accentue jour après jour.  Le taux directeur s’est donc maintenu à 3,25%, au même titre que le niveau des réserves obligatoires qui se situent à 6 %.

bank al maghrib

Les raisons du maintien du statu quo résident dans le bon comportement du marché interbancaire. En effet, le taux moyen est ressorti à 3,29 %, soit un niveau très proche du taux directeur. Quant à l’insuffisance des trésoreries bancaires, qui a atteint en moyenne 36,1 milliards DH au cours du dernier trimestre de l’année en cours, contre 31,3 milliards DH le trimestre précédent, BAM n’a pas lésiné à réinjecter des fonds avoisinant, les 29,4 milliards DH, en moyenne quotidienne, au titre des avances à 7 jours ; sans oublier deux opérations de refinancement à moyen terme (3 mois) portant sur 15 milliards DH. Sur ce volet, le wali de la Banque centrale tenait à préciser que ces niveaux d’injection ne sont pas inquiétants. Au contraire, avec les 650 milliards DH de dépôts que compte le système bancaire, le volume des injections ne dépasse guère les 5%. De même, les montants que sert BAM ne le sont que pour un financement sain de l’économie.

Grâce à un système de suivi au jour le jour de la position emprunteuse des différents intervenants sur le marché monétaire, BAM a été amenée à rappeler à l’ordre nombre de grands opérateurs qui demandaient des injections pour la réalisation d’opérations spéculatives de placement en portefeuille, ou parce que l’on abandonne la mobilisation de l’épargne. L’année 2012 risque d’être assez difficile pour l’économie marocaine !

La sécurité, credo des placements de BAM

Au moment où les titres souverains perdent en crédibilité, Bank Al-Maghrib qui gère les réserves de change a tenu à préciser que son portefeuille ne comporte pas des dettes souveraines. La politique de la Banque centrale étant de favoriser la sécurité, elle investit ces fonds dans des obligations sûres sur lesquels il n’y aucun risque de perte de capital. La banque place la liquidité au deuxième niveau. En raison de la faiblesse du niveau du matelas des réserves des changes, la banque favorise les titres facilement vendables. En dernier lieu, vient le rendement. Pour celui-ci, la Banque centrale choisit, même quand elle se place sur des AAA,  des titres qui permettent une rentabilité en un délai inférieur à un an.

Le Soir Echos


 

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