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Le diagnostic de Standard & Poor’s débattu

Le dernier rating de Standard & Poor’s va-t-il se retrouver au cœur d’une polémique entre l’agence de notation et les autorités monétaires marocaines? Son évaluation du système bancaire ramène le Maroc du groupe 8 au 7.

Ce n’est pas une dégradation, bien au contraire, mais le Maroc espérait mieux. «Nous espérions une progression de deux grades», confie à L’Economiste Abdellatif Jouahri, gouverneur de BAM.

Dans sa note, Standard & Poor’s juge les risques encourus par l’économie nationale très élevés en raison de sa forte dépendance de facteurs exogènes. C’est le cas pour les secteurs de l’agriculture ou du tourisme qui sont à la merci des conditions climatiques et de la conjoncture internationale. Cela vaut le maintien du Royaume dans le groupe 8 en compagnie de l’Argentine, l’Egypte, l’Azerbaïdjan ou encore la Bolivie.

Quant aux risques au niveau du système bancaire, le Maroc figure aux côtés de la Jordanie, de la Russie ou encore de la Hongrie. L’Egypte et la Tunisie se placent dans le groupe 8. La Turquie, elle, est présente dans le groupe 5, ce qui suscite des interrogations de Jouahri.

Globalement, Bank Al-Maghrib ne semble pas sur le point de contester officiellement le diagnostic de Standard and Poor’s. Mais pour le wali, «il y a certains points sur lesquels nous pensons qu’il y a à redire, notamment le risque encouru par les établissements de crédit et leur exposition en Afrique subsaharienne».

Standard and poor's

Ce qui est sûr en tout cas, c’est qu’une nouvelle controverse serait embarrassante pour S&P. Déjà que l’agence se retrouve dans le collimateur de la France après avoir annoncé par erreur la perte par le pays de son triple A. Cette bourde, qui intervient en pleine crise de la dette souveraine en Europe, risque de remettre une couche sur la crédibilité des agences de notation.

Dans le cas du Maroc, un autre facteur de risque relevé par l’agence de notation est la dépendance des banques vis-à-vis des dépôts des particuliers. L’étroitesse des sources de financement explique en partie la tension sur les trésoreries bancaires depuis quelques années. Bank Al-Maghrib a encore injecté 32 milliards de DH sur le marché monétaire lors de sa dernière intervention. «Nous sommes dans des limites qui sont très acceptables et nous surveillons à quoi sont destinés les financements. En même temps, l’activité de crédit des banques est normale», relativise Jouahri.

Les professionnels du marché ont un avis plus critique: «le risque de se retrouver en manque de moyens de financement est important». Aujourd’hui, «le système s’essouffle en termes de capacité de financement», estiment-ils.

Le Matin

 

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