«Le savoir demeure la meilleure arme pour combattre le doute». Une expression qui résume clairement la situation sur le marché boursier marocain. En effet, la place dispose d’une multitude d’indices boursiers mais il y a un déficit informationnel considérable qui nourrit le doute des investisseurs. Ce manque de confiance se traduit par l’illiquidité du marché (devenue structurelle ces deux dernières années) et rend la place de moins en moins volatile.
Une situation qui désiste les investisseurs toujours friands d’un minimum de volatilité dans les places émergentes. Ce sont en substance les constats retenus par la Bourse de Casablanca qui tente de trouver des moyens pour «stimuler la confiance des investisseurs».
Dans un contexte de plus en plus incertain, «les investisseurs ont été livrés à eux-mêmes sur le marché. Au-delà des chiffres macro et microéconomiques, les différents acteurs financiers, particulièrement les étrangers, attendent des réponses plus claires sur d’autres sujets jugés prioritaires», souligne Taha Jaïdi, responsable Desk chez Attijari Intermédiation. Ils ont besoin d’une information permanente sur les sociétés cotées, au-delà des traditionnelles publications de résultats. Or, au Maroc, ce sont seulement ces deux principales dates qui peuvent susciter une réaction des investisseurs sur le marché. «Entre ces deux dates, peu d’indicateurs sont à la disposition des investisseurs, leur permettant d’initier des opérations d’achats ou de ventes sur le marché», précise Jaïdi. C’est dans ce sens que le département Analyse & Recherche d’Attijari Intermédiation prend l’initiative et décide d’institutionnaliser deux publications: un «indice de confiance des investisseurs en Bourse» et «Quelle prime de risque pour le marché actions?», sur une fréquence trimestrielle.
Du côté du CDVM, la question de la confiance de l’investisseur en Bourse constitue une priorité. Le statut du régulateur est en lui-même un gage de confiance. Ce dernier doit donc être indépendant. Justement, «nous sommes aux dernières étapes pour la promulgation de la loi transformant le CDVM en autorité de marché des capitaux dans lequel nous mettons l’accent sur le renforcement de son indépendance et de l’élargissement de sa mission sur l’ensemble du marché des capitaux», précise Hicham Cherradi, directeur des marchés au sein du CDVM. Or, actuellement, la supervision de l’autorité est seulement consignée aux valeurs mobilières. L’élargissement de la mission au marché de capitaux permettra donc d’élargir la sphère du contrôle aux nouveaux marchés notamment ceux à terme. Dans le même sens, il est question d’habiliter certaines fonctions telles que le contrôle interne, analyse financière ou encore la gestion de fonds. «Une sorte de professionnalisation des intervenants qui permettra de hausser le niveau requis», soutient Cherradi.

Outre l’indépendance, la notion de garantie est également à même de redonner confiance aux investisseurs. Pour ce faire, il s’agit de faire homologuer les circulaires du CDVM par le ministère des Finances. «C’est un niveau de plus en termes d’institutionnalisation des règles ce qui renforcera à nos yeux encore plus la confiance dans le marché».
La publication d’agrégats trimestriels bientôt obligatoire
LE gendarme de la Bourse a récemment élaboré un projet de loi relatif à l’information publiée par les émetteurs. «L’objectif est de donner encore plus de qualité et de clarification aux informations émises par les sociétés qui font appel public à l’épargne», clame Ali Amrani, directeur des émetteurs au sein du CDVM. A titre d’exemple, une publication d’indicateurs d’activité et financiers trimestriels sera exigée uniquement aux sociétés cotées. Dans ce sens, il a été également instauré au niveau du projet l’amélioration de la qualité des publications annuelles et semestrielles. «On parlera d’un rapport financier annuel complet qui contiendra entre autres les conclusions des commissaires aux comptes, les rapports de gestion,…», précise Amrani. D’ailleurs, la future autorité de marché est en cours de révision du mode et des supports de publication. Il est question d’adapter le format électronique pour les publications financières comme complément au journal d’annonces légales.
L'Economiste






















