L'année 2011 les a bien reçues. Elles font désormais partie du paysage financier et pourtant leurs effets ne sont pas aussi palpables que les professionnels veulent bien le croire.
En 2011, la cote casablancaise s’est trouvée étoffée par l’arrivée de trois nouvelles recrues, à savoir Stroc Industrie, Jet Alu et S2M. Cependant, ces nouvelles recrues, bon gré mal gré, subissent la dynamique imposée par les grosses capitalisations. Il n’y a qu’à voir les performances affichées au terme de l’année 2011. Les indices boursiers subissent des régressions annuelles de -12,86% pour le Masi et de -12,81% pour le Madex.
Ces performances sont imputables, notamment, à la perte de vigueur de la majorité écrasante des grandes capitalisations telles que: CGI (-43,76%), Addoha (-32,79%), Lafarge Ciments (-26,89%), Holcim (-26,15%) et Ciments du Maroc (-20,83%). À titre d’information, ces cinq valeurs contribuent, à elles seules, à hauteur de -7,97% à la régression du Masi sur l’année 2011.
Les trois nouvelles recrues, quant à elles, ont participé à hauteur de -0,04% dans la contre-performance affichée par le marché en 2011.
En raison d’un environnement peu clément, elles ont subi, au titre de leur premier exercice d’introduction, des pertes de -21,57% (Stroc Industrie), -10,56% (Jet Alu) et -1,54% (S2M).Â
Les nouvelles introductions en Bourse de PME, enregistrées au cours de cette année, n'ont eu qu'un effet insignifiant sur l'évolution du marché.
C’est une réalité. Sur le marché boursier marocain, l’orientation est généralement et psychologiquement pointée vers les grandes compagnies. En effet, ces dernières sont les plus liquides sur le marché parce qu’elles sont les plus demandées et facilement échangeables.
«Il est normal qu'elles soient traitées à des volumes aussi importants», explique un analyste de la place. En effet, ces valeurs reposent, toutes, sur des «fondamentaux solides», présentent des perspectives claires et communiquent assez bien.
Partant de ce constat, il est tout à fait légitime que les investisseurs se focalisent sur elles. D’ailleurs, plus de la moitié de la capitalisation est détenue par 7 valeurs sur un total de 77 valeurs existantes sur le marché.
Cependant, cette réalité n’arrange plus; le souhait général des professionnels est que la cote soit représentative du tissu économique national en intégrant davantage de PME, plutôt que de limiter l'essentiel des transactions aux «blue chips».
À cet effet, un analyste du marché déclare : «Il est vrai que Addoha, BMCE, CGI et ses semblables sont les locomotives du marché, mais il n’en demeure pas moins qu’elles ne représentent pas la composition du secteur économique marocain».

La majorité des professionnels constate que le marché financier aurait besoin d’une grosse opération pour retrouver son dynamisme. Cependant, pour un marché émergent tel que le nôtre, la Bourse est et devrait davantage être représentée par les petites et moyennes entreprises.
En effet, mis à part certaines grosses entreprises privatisables qui se comptent sur le bout des doigts, à l’instar de l’OCP et la RAM, le marché marocain compte beaucoup de PME qui recèlent un potentiel important et pourraient également être introduites en Bourse.
Dans ce cas, la place casablancaise serait plus représentative de la réalité du tissu économique marocain.
Ainsi, les autorités boursières ont décidé d’accélérer un certain nombre de projets qui sommeillaient dans les cartons et plusieurs initiatives ont été entreprises pour attirer davantage d'entreprises, notamment les PME qui constituent plus de 95 % du tissu économique marocain, vers la cote.Â
Il n'en demeure pas moins que les résultats obtenus jusqu'à présent sont en deçà des attentes.
Des mesures incitatives, pourtant… En effet, la Bourse de Casablanca a mis en place une batterie de mesures afin de dynamiser et d’attirer les PME. Cette dernière a fait une révérence accentuée aux PME et s’est lancée dans une véritable opération de séduction qui n’a malheureusement pas bien charmé.
Pour rappel, du 1er juillet 2011 et jusqu'au 31 décembre 2012, la Bourse de Casablanca a mis en place une nouvelle offre dédiée aux PME afin de les encourager à s'introduire en Bourse. Ainsi, sous certaines conditions, la Bourse de Casablanca a décidé de rembourser un montant forfaitaire de 500.000 dirhams aux PME au moment de leur introduction.
Parmi ses conditions, les entreprises doivent avoir des capitaux propres inférieurs à 50 millions de dirhams, s'introduire sur le compartiment Croissance ou Développement, émettre au minimum 20% de leur capital, et s'introduire par augmentation de capital (avec ou sans cession).
Avec toutes ces mesures, la BVC n’a pu attirer que 3 PME. D’aucuns diront que la conjoncture n’est pas favorable pour de nouvelles introduction.
En attendant que l’opération séduction spéciale PME porte ses fruits, les blue ships continueront de faire la pluie et le beau temps au sien du marché.
Alors que l'étroitesse et le manque de papier du marché sont «structurels», il serait judicieux que les investisseurs institutionnels donnent le bon exemple, en jouant leur rôle de faiseurs de marché, en adoptant une politique de gestion de portefeuille dynamique et diversifiée.Â
Aussi l'Etat pourrait inciter ses entreprises publiques, qui font appel public à l'épargne par des émissions obligataires, à s'introduire en Bourse et à se financer en levant des capitaux afin d'élargir la cote en valeurs importantes et sûres.
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