LA Bourse de Casablanca traîne depuis des années la réputation de «marché cher». S’il est vrai que certaines valeurs affichant des PER supérieurs à 40x n’avantagent pas la place, CFG Group relativise toutefois les niveaux de valorisation du marché casablancais par rapport à ceux des pays émergents, particulièrement les concurrents directs du Maroc à savoir la Tunisie, la Turquie ou encore l’Afrique du Sud. D’autres banques d’affaires en étaient également arrivées au même constat.
Pour rappel, le marché traitait 22x les bénéfices en 2010. Mais seulement quatre valeurs qui affichaient un PER supérieur à 57x impactaient négativement la valorisation du marché, avait relevé Attijari Intermédiation. CFG remet une couche avec de nouveaux arguments. Pour la Banque d’affaires, «la bourse de Casablanca présente un profil plus défensif et à plus fort rendement que les marchés turc ou sud-africain par exemple».
Le rendement des dividendes des sociétés du Masi devrait ressortir à 3,9% en 2011 contre 3,1 et 2,8% en Afrique du Sud et en Turquie. Les valeurs du Tunindex afficheraient de leur côté un dividend yield de 2%, relève CFG.
Sur les dernières années, le ROE du marché casablancais a varié entre 19 et 20%. Ce qui fait du marché local l’un des plus attractifs de la région Mena.
La création de valeur ajoutée des sociétés du Masi pour les actionnaires est estimée à 14,7 milliards de DH pour 2011. Il est attendu près de 17 milliards de DH en 2012.
D’autres indicateurs sont également mis en avant pour atténuer la cherté du marché. Les analystes prennent en compte le coût du risque sur les différents marchés. Il ressort que le risque est plus faible sur la place casablancaise.
Aujourd’hui, les bons du trésor à 10 ans offrent un rendement de 4,2% contre 9,7% en Turquie, 8,4% en Afrique du Sud et 6,2% en Tunisie. Du coup, «les attentes des investisseurs en termes de rendement sur ces marchés sont plus élevées qu’à Casablanca», relève Younès Benjelloun, administrateur associé CFG Group.

En clair, les boursicoteurs présents sur les marchés actions turc ou sud-africain espèrent un rendement plus élevé que celui attendu par les acteurs du marché marocain puisqu’ils ont à côté des titres sans risque (obligations d’Etat) qui offrent un rendement confortable.
Théoriquement, «il est normal que des pays ayant un coût du risque plus élevé que le Maroc présentent des multiples de valorisation plus faibles», conclut CFG.
L'Economiste























