Au moment où les politiques françaises se déchaînent sur le lancement de l’usine de Renault Meloussa, le site révèle que les entreprises de l’Hexagone ont eu la part du lion dans l’attribution des marchés.
C’est un chantier d’envergure internationale qui a regroupé plusieurs nationalités à travers les différentes étapes du chantier. Une usine aux normes internationales déclinée en trois phases, la dernière sera dédiée à Nissan qui revient dans 2 ou 3 ans, promet le management. Quant aux 1ere et 2e tranches, elles reviennent à Renault pour la production de la gamme dite «Entry». En effet, plus d’une dizaine de nationalités ont participé à la réalisation du site de production. Des Français, Britanniques, Portugais, Nippons, Marocains… se sont succédé tour à tour pour mettre sur pied la première usine verte de l’industrie automobile. Parmi les entreprises de renom ayant participé directement ou indirectement à la réalisation de l’usine, figurent Vinci, Veolia, Castel & Fromaget.
Parmi les entreprises de renom ayant participé directement ou indirectement à la réalisation de l’usine, figurent Vinci, Veolia, Castel & Fromaget.
Pour le volet génie civil-bâtiments par exemple, le marché a été attribué à Sogea, filiale du groupe Vinci. Ce dernier a été désigné par Renault comme contractant général pour la tranche II. Pour la phase I, plus de 800 personnes se sont mobilisées pour finaliser cette étape en termes de travaux de génie. Plus de 2 millions d’heures de travail ont été nécessaires pour les deux phases. Par ordre de grandeur, le donneur d’ordre parle de 9 millions de m3 de terre remués pendant les terrassements, 100.000 m3 de béton, 11.000 tonnes de charpente… «Les armatures de béton pèsent pour 6.000 tonnes! Le site a accueilli quelque 2.000 fondations. Plus encore, 25 kilomètres de câbles de cuivre ont été placés», annonce Edouard Armalet, directeur du projet de l’usine de Tanger.
Par ailleurs, les travaux de dallage ont été réalisés par l’entreprise britannique Twinplan. L’entreprise anglaise s’est vu confier la réalisation de 180.000 m2 de sol industriel pour la première phase. Un marché qui est estimé à plus de 70 millions de DH. L’expérience est reconduite avec la deuxième phase (120.000 m2 de sol et une enveloppe de 50 millions de DH).

Autre étape importante du chantier, les études d’ingénierie de la structure métallique et la construction ainsi que l’installation de la structure de tous les revêtements, la couverture et la façade. Un marché de charpentes d’une extrême technicité qui a été confié au Portugais Martifer pour un montant de 25 millions d’euros. Cette partie comprenait la construction des pavillons de l’usine sur une surface couverte d’environ 180.000 m2 et 50.000 m2 de façades. Pour ce marché, Martifer a dû utiliser près de 8.000 tonnes d’acier de structure. Autre groupe de référence, le Français Castel & Fromaget, filiale du groupe Fayat, qui a décroché un marché de 21 millions d’euros pour la deuxième tranche. «Nous avons été en charge des travaux de charpente, couverture, étanchéité, bradage et serrurerie », explique Julien Lalanne, chef de projet chez Castel & Fromaget. Sur ce chantier précis, la filiale de Fayat a employé un peu plus de 300 personnes. «Ces ouvrages ont nécessité 6.700 tonnes d’acier, 110.000m2 de couverture et 40.000m2 de bardage», précise Lalanne.
Quant à la maîtrise d’ouvrage des bâtiments, «elle a été menée par le groupe Iosis qui a été relayé par Novec, maître d’œuvre des terrassements et voieries/réseaux divers (VRD)», confie Armalet. La partie terrassement a été attribuée à trois entreprises: EMT, GTR et Sobecam. Côté réseaux fluides, électricité, eaux et tuyauterie… le marché a été réparti entre Cats, Cegelec, GER2I, Spie, Ventec et Mapicer. Pour sa part, l’aménagement des espaces et des bureaux est revenu au groupe d’origine italienne, Sacmi. La robotisation revêt un caractère particulier sur le site de Melloussa.
L’approvisionnement en presses automatiques de dernière génération et en plusieurs éléments a été réalisé auprès du groupe nippon Aïda et Kuka Robots. Les robots de soudure ont été en partie acquis auprès d’ABB. Pour leur part, les convoyeurs sont signés Cinetic.
L'Economiste






















