Les « blue chips » américaines dominent le palmarès des grandes capitalisations mondiales. Dans le Top 10 ne figure plus qu'une seule européenne (Royal Dutch Shell), reflet de la tourmente qui s'est abattue sur le Vieux Continent. Les valeurs des pays émergents ont aussi beaucoup souffert.
Deux mille onze, l'année de l'Amérique ? C'est en tout cas ce qui ressort de la photographie des plus grosses capitalisations mondiales. Sur le palmarès des dix stars de la cote (exprimés en dollars), figurent en effet pas moins de sept américaines. ExxonMobil et Apple -qui a ravi la deuxième place à PetroChina -font la course en tête. Un vrai retour en force de Wall Street dans le haut du tableau, puisque les géants « made in USA » étaient seulement au nombre de trois à la même période l'an dernier.
Cette montée en puissance « reflète la belle tenue de Wall Street l'an dernier et l'appréciation du dollar », souligne Roland Kaloyan, stratégiste à la Société Générale. Le Dow Jones s'est adjugé 5,5 % en 2011, affichant la meilleure performance des grands marchés développés, sur fond d'indicateurs macroéconomiques rassurants en fin d'année et de bons résultats des entreprises. « Les investisseurs internationaux sont sortis de la zone euro -qui a concentré toutes les inquiétudes sur la crise de la dette - pour préférer les Etats-Unis, perçus comme un marché refuge », relève de son côté Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel. Ainsi, dans le Top 10 des grandes capitalisations, il n'y a plus qu'une seule valeur européenne (Royal Dutch Shell), alors qu'elles étaient encore 3 fin 2010 (BHP Billiton, Royal Dutch Shell et Nestlé). La première entreprise française - Total - n'arrive qu'à la 36 e position, soit légèrement mieux qu'il y a un an (39 e).
Les valeurs bancaires en recul
Mais le Vieux Continent n'est pas le seul à avoir souffert lors de ce millésime difficile. Les vedettes des pays émergents ont aussi reculé. Le MSCI Emerging Markets a cédé plus de 20 % en 2011, sur des craintes relatives à l'inflation et à la croissance économique de ces pays. Les investisseurs internationaux ont fui ces marchés : les fonds actions émergentes ont enregistré des rachats de presque 50 milliards de dollars, selon le cabinet EPFR. Parmi les géants émergents, on ne trouve ainsi plus désormais que des valeurs chinoises dans le Top 10. La brésilienne Petrobras, qui faisait partie du palmarès fin 2010, a été reléguée à la 23 e place. « La problématique pays a pris le pas sur les choix sectoriels, comme en témoigne la baisse de Petrobras dans un secteur pourtant porteur », observe Roland Kaloyan.

Les pétrolières dominent en effet le classement, avec des mastodontes comme Exxon Mobil, PetroChina, Shell ou encore Chevron. Le segment est au coude à coude avec les stars de la technologie telles Apple, Microsoft, mais aussi IBM et Google -deux valeurs qui n'apparaissaient pas dans le classement des 10 plus grosses capitalisations l'an passé. « Les investisseurs ont privilégié les valeurs ayant une belle visibilité sur leur bilan et leurs résultats, indique Christophe Foliot, responsable de la gestion actions internationales chez Edmond de Rothschild Asset Management. 2011 n'a pas été un marché dominé par les critères classiques de valorisation, mais plutôt par l'aversion au risque. La question principale a été : quelles sont les valeurs les moins risquées dans un environnement chahuté ? » Aussi, les sociétés jugées très sensibles à la conjoncture (comme BHP Billiton) brillent par leur absence, dans un contexte où menaces de ralentissement voire de récession marquée guettent un peu partout dans le monde.
Enfin, parmi les perdants de 2011, figurent bien évidemment les valeurs bancaires. Par exemple, la britannique HSBC pointe à la 29 e position, alors qu'elle faisait partie du Top 10 fin 2009. Pour résumer la situation, deux chiffres suffisent : la capitalisation totale cumulée de l'ensemble des banques de la zone euro (à plus de 420 milliards de dollars) est toute proche de celle d'ExxonMobil ou d'Apple.
Les Echos





















