Actualités économiques et financières Marocaines, cours d'économie et de gestion, média audio et vidéo ...

 Login
Déplacer
Close
FORGOT_YOUR_USERNAME
FORGOT_YOUR_PASSWORD
REGISTER

Comprendre la crise Grecque

L’Europe vit aujourd’hui un moment historique. L’union européen par lequel vingt sept pays sont liés est mise sous la loupe. La cause en est la crise qui a frappé la Grèce. Le problème est que ce pays fait partie de cet édifice. Donc sa chute entrainera sans doute la chute de l’édifice.

L’Europe, chapeautée par la France et l’Allemagne, s’est donc attelée à sauver ce pays quelque soit le prix pour maintenir l’édifice. L’Union Européenne ne contient pas uniquement un seul maillon faible, en l’occurrence la Grèce, mais aussi d’autres à savoir le Portugal, l’Espagne, l’Irlande et prochainement l’Italie. Ces pays vont empirer la situation car le niveau de leur dette publique est devenu insoutenable. A peine, il a fallu déployer une batterie de mesures et multiplier les rencontres pour arriver à un accord entre les bailleurs de fonds et la Grèce. Mais en contrepartie, la Grèce est appelée a serrer la ceinture de ses citoyens en leur apprenant à jeuner et à éviter des dépenses considérées auparavant comme ostentatoires. Dès lors, que se passera-t-il si les autres pays tomberont tous, en un seul coup, en état de défaut de paiement ? Une hypothèse à laquelle les dirigeants et les fanatiques de l’union n’osent même pas penser.

la crise

Pour comprendre comment cette crise s’est elle arrivée on vous propose le plan suivant. Dans un premier temps on va décrire la chronologie de cette tragédie, puis nous passerons aux causes qui l’ont entrainé. On débouche ensuite sur les conséquences des causes citées. Enfin, d’autres pays sont menacés de subir le même traitement que la Grèce s’ils n’arrivent pas à pronostiquer les scénarios de sortie.

I- La Chronologie :

1. Octobre 2009 : le gouvernement du parti socialiste présidé par Georges Papandréou accède au pouvoir dans le pays ; Révision du taux de déficit public qui passe alors à 12.7%, soit le double de ce qu’est prévu.

2. Les agences de notation réagissent vite en abaissant la note de la Grèce.

  • 22 Octobre 2009 : Fitch Rating dégrade de « A » à « A- » avec perspective négative la note financière de la Grèce ;
  • 8 décembre 2009 : Fitch passe de « A- » à « BBB+ » ;
  • 16 décembre 2009 : S&P abaisse la note de la Grèce ;
  • 22 décembre 2009 : Moody’s abaisse la note de la dette Grecque de « A1 » à « A2 ».

3. En février les dirigeants européens décident de prendre des mesures coordonnées et déterminées en vue d’aider la Grèce, l’empêcher à faire faillite et garantir la stabilité de l’Euro ;

4. 15 mars, les ministres de finance de la zone Euro se mettent d’accord sur les grandes lignes d’un plan d’aide sous forme de plans bilatéraux ;

5. 11 Avril, l’approbation d’un mécanisme d’aide massive.

II- Que prévoit le plan d’aide ?

  • Une ligne de crédit de 110 milliards de dollar d’Euro étalée sur 3 années ;
  • Les partenaires européens participeront à hauteur de 80 milliards et le FMI à hauteur de 30 milliards d’Euro ;
  • La Grèce obtient un délai de deux années pour revenir dans les clous du pacte de stabilité (déficit intérieur à 3% du PIB) ;
  • L’accord prévoit des objectifs trimestriels fixés par le FMI et qui seront vérifiés. La Grèce encourt des sanctions en cas de non respect.

III- La Grèce serait amenée à appliquer un plan d’austérité qui prévoit les éléments suivants :

Concernant le secteur public

  • Suppression des 13ème et 14ème mois pour les fonctionnaires ;
  • Les retraités se voient ôter deux mois de pension sur 14 ;
  • Une prime annuelle est prévu pour les fonctionnaires gagnant mois de 3000 Euro par mois ;
  • Réduction des dépenses de santé ;
  • Les retraités touchant une pension de moins de 2500 Euro bénéficieront d’une prime de 800 Euro ;
  • Le budget de fonctionnement de l’Etat sera diminué de 1 milliard d’Euro ;
  • Les investissements publics seront également réduits.

Concernant le secteur privé

  • Une hausse de la TVA de 21% à 23% ;
  • Augmentation des taxes sur les carburants de 10%, idem pour l’alcool et le tabac ;
  • Retraités : l’élévation de l’âge minimum à 60 ans. Il faudra 40 annuités contre 37 actuellement pour toucher une pension complète ;
  • Le 13ème mois est préservé dans le secteur privé, mais une flexibilité du travail est imposée.

IV- Origines de la crise Grecque

1. La crise financière de 2007 et le renflouement des banques en 2008 : les Etats se sont endettés hors de proportion pour sauver les banques et relancer l’économie :

  • Gonflement de la dette publique ;
  • La baisse de l’activité : baisse des recettes fiscales et augmentation du chômage

2. L’application de la politique Néolibérale depuis l’adoption du traité de Maastricht è baisse continue de la fiscalité ;

3. Les membres de l’Union ne peuvent pas emprunter auprès de la Banque Centrale Européenne conformément à l’orthodoxie financière qui prévaut dans la zone Euro è recours au marché financier pour s’endetter è Augmentation de la dette.

4. L’inflation dans la Grèce a rendu ses produits non compétitifs è déficit commercial è Gonfler la dette publique que privée ;

5. La corruption ;

6. La retraite à 53 ans ;

7. L’évasion fiscale ;

8. Le marché noir ;

9. Le 13ème et le 14ème mois pour les fonctionnaires ;

V- Le rôle du marché financier dans l’aggravation de la crise Grecque

Les spéculateurs sont mus par l’instinct de la recherche de profit. Ils guettent des occasions comme celle de la Grèce et n’hésitent pas à imaginer des techniques leur permettront de gagner et de se faire de grosses fortunes. Dans le cas de la Grèce les spéculateurs ont utilisé des « Credit Default Swap » (CDS) qui sont des contrats d’assurance sur le défaut de paiement.

Ce produit financier (CDS) est devenu aujourd’hui un produit spéculatif, alors que la mission pour laquelle a été conçu est la couverture contre le risque de défaut de paiement.

Mais qu’elle est la relation entre l’utilisation de ces produits et la crise Grecque ?

Expliquons tout d’abord les mécanismes de fonctionnement de ce dispositif. Ces produits sont utilisés pour se couvrir contre le risque de défaut de paiement d’une entreprise ou d’un pays. Un investisseur qui détient des obligations souverains, prenons le cas d’un pays en l’occurrence la Grèce, pourrait s’assurer du versement du montant investi en recourant à un assureur (une banque vendant ces CDS) qui le garantirait de lui verser le montant perdu en cas de défaillance du débiteur (la Grèce). L’assuré, l’investisseur détenteur des obligations, paiera une contrepartie contre cette assurance sous forme de prime annuelle jusqu’au terme (échéance) des obligations. En cas de réalisation de l’événement (défaillance du débiteur, la Grèce), l’assureur paiera la perte générée par cette défaillance.

Les experts voient que ces produits ne constituent pas la cause de cette crise mais plutôt y contribuent. Une des caractéristiques essentielles du marché des CDS est son autonomie. En effet, un investisseur, vendeur ou acheteur de CDS, pourrait faire des transactions quelque soit ça situation financière. Ainsi, un vendeur pourrait par exemple acquérir des CDS à découvert et éventuellement les vendre à un acheteur, et ce en faisant des gains alors qu’il n’a pas mobilisé des fonds. Le vendeur pourrait aussi vendre les CDS acquis à un autre acheteur. L’essentiel de tout ça c’est que chaque investisseur fait des estimations. L’acheteur achète, par exemple, des CDS à 10 millions d’Euro et estime les vendre à 12 millions d’Euro. On parle dès lors de la spéculation sur les CDS assurant les détenteurs des obligations souveraines grecques. La spéculation sur les CDS impacte indirectement la dette Grecque en intensifiant la baisse des cours des obligations (anciennement émises) Grecques et accroissant les charges financières des nouveaux emprunts Grecs. Car, une liaison parallèle existe entre le niveau du risque et la rémunération de ces obligations. Les spéculateurs, notamment les hedge funds, tablent sur la défaillance de la Grèce et vendent ainsi des CDS en demandant des primes élevées. Suite à cette position (défaillance de la Grèce), le niveau du risque monte ce qui conduirait le taux d’intérêt à monter lui aussi. Les autorités Grecques seront, ainsi, obligées d’émettre de nouvelles obligations avec des taux d’intérêt élevés, aggravant donc la charge de ces nouveaux emprunts. Cette augmentation du taux d’intérêt baisserait les revenus des obligations anciennes et cela selon un effet dit « Effet Balançoire » (effet inverse entre le taux d’intérêt et la rémunération des obligations anciennement émises).

Ainsi, les CDS n’ont pas un effet direct sur la dette grecque et leur effet est limité. On conclut donc que le problème n’est pas dans les CDS mais dans la Grèce qui a laissé sa dette grandir à un niveau insoutenable.

VI-  Fausses causes :

On lit dans certains sites web que les causes de la dette Grecque sont le niveau abyssal de la dette publique par rapport au PIB conjugué au déficit public important. Certes, il ne s’agit pas de causes mais plutôt de résultats. On peut avancer des exemples de pays qui ont des indicateurs identiques et pourtant ne souffrent pas de ce dont souffre la Grèce aujourd’hui. On propose le tableau suivant :

Cela montre que le problème n’est pas dans le niveau de la dette mais plutôt dans la capacité du pays à honorer celle-ci.

Le 13ème et 14ème mois signifient que les Grecs travaillent 12 mois (le mois de congé annuel est pris en compte) mais ils sont payés sur la base de 14 mois, comme si ils ont travaillé 14 mois.

 

Commentaires  

 
0 zakar, posté le18-12-2011 17:13
bonjour
la remuneration des obligation c'est leurs taux d'interet fixés d'avance . comment les cds influence le rendement si nous savons qu' on ne peut agir que sur leurs cours. est t il possible de rejustifier le tx d'interet ?
quelle est la consequence qui en resultera si les cours des obligations baissent?
MERCI
Citer
 
 
0 Dr. Keynes, posté le18-12-2011 23:14
Bonsoir,
Tout d'abord, les CDS influencent les cours des obligations qui seront émises prochainement par le gouvernement Grecque (par exemple) pour couvrir ses dépenses. Les obligations anciennes ne verront pas leur cours changé, mais c'est la prime d'assurance qui va augmenter (pour assurer les rendements des obligations on fait recours à des CDS - voir le mécanismes de fonctionnement en haut), et si celle ci augmenterait, il est claire que le rendement de l'obligation baisserait.

Pour mieux comprendre la relation entre les cours des obligations anciennes et futures veuillez effectuer des recherches sur ce qu'on appelle en économie "Effet Balançoire".

Pour votre deuxième question, la personne qui recourt à des CDS verse des primes d'assurance quelque soit le cours des obligations (+/-). Si les cours des obligations baisseraient, cela signifie que l'événement pour lequel l'assurance a été conclu se réalise et donc l'assureur sera dans l'obligation de dédommager le porteur de ces obligations à hauteur de la perte survenue suite à cette baisse. En cas d'augmentation, aucune indemnité ne sera versée.
:-)
Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Derniers Articles:

Malgré les incertitudes mondiales, l’Afrique maintient sa croissance

Recherche

Suivez nous

Comprendre

Télécharger le Plan Comptable

Statistique du site

Membres : 87
Contenu : 1005
Liens internet : 6

Statistiques


mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui274
mod_vvisit_counterHier2365
mod_vvisit_counterCette semaine2639
mod_vvisit_counterLa semaine précédente18599
mod_vvisit_counterCe mois49040
mod_vvisit_counterLe mois précédent84800
mod_vvisit_counterTout475103

Nous avons : 5 guests, 16 bots online
Votre IP: 38.107.179.221
Today: Mai 21, 2012

Plan Comptable Marocain