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Finances publiques sous haute tension

Ce n’est plus un secret pour personne. Les dépenses de l’Etat subissent une pression considérable depuis quelques temps à tel point que le budget général 2012 en sera impacté (leschos).

Dans son rapport annuel 201, Bank Al-Maghrib l'a encore une fois confirmé: «l’année 2010 a été essentiellement caractérisée par une accélération du rythme de progression des dépenses, accompagnée d’une modification notable de leur structure». Ainsi, les dépenses liées à l’intervention compensatrices de l’Etat ont plus que doublé d’une année à l’autre. Bien évidemment cette situation, loin d’être confortable pour la trésorerie du royaume, est due essentiellement à la hausse des prix des matières premières. Ce renchérissement a eu comme conséquence le doublement du taux de progression des dépenses ordinaires qui est passé de 3,5% en 2009 à 7% en 2010. Cette nouvelle donne qui perdure toujours d'ailleurs, n’a pas échappé aux partis dont certains en ont fait un cheval de bataille électorale. Certains parlent même de trouver des mécanismes de ristourne au profit de la caisse de compensation par les populations aisées.

Finance Publiques Maroc

«Par ailleurs, et contrairement aux dépenses compensatoires, les dépenses d’investissement du Trésor ont marqué une quasi-stabilité après quatre années de hausse rapide», note le rapport. S’agissant des recettes du Trésor, elles ont enregistré une hausse de 2,5% contre une baisse de 7,6% en 2009. Cette hausse s’explique principalement par les réaménagements fiscaux et le ralentissement de l’activité dans certains secteurs ainsi que par la hausse de 19,2% enregistrée en 2008. Ce qui a eu pour conséquence un déficit budgétaire de 35,2 milliards de DH (soit 4,6% du PIB contre de 2,2% du PIB en 2009). «Ainsi, le ratio de la dette à été porté en une année de 47,1% à 50,3% du PIB, en rupture par rapport à la tendance baissière observée au cours des cinq dernières années», souligne la Banque centrale. Pour rappel, l’élaboration de la loi de finances au titre de l’année 2010 avait été basée sur un taux de croissance de 3,5% (contre un taux optimiste, vu la conjoncture actuelle de 4,8 % pour la loi de finances 2012), un taux d’inflation de 2%, un cours du pétrole brut de 75 dollars le baril (qui a connu des pics liés notamment au printemps arabe) et une parité de l’euro par rapport au dollar de 1,40. «Le déficit budgétaire, compte non tenu des recettes de privatisation, devait se situer à 4,5% du PIB, au lieu de 3,3% du PIB dans la loi de finances précédente, les recettes ordinaires et les dépenses globales ayant été prévues en baisse respectivement de 7% et 1,2%», rappelle Bank Al-Maghrib. Quant au recul des ressources ordinaires, prévu par cette loi, il devait être la résultante de baisse de 7% des recettes fiscales et de 10,1% de celles non fiscales hors privatisation.

Les charges du personnel étatique enflent
«En regard, les dépenses globales avaient été prévues en baisse de près de 3 milliards, en liaison principalement avec la réduction des dépenses en intérêts de la dette et le maintien de celles relatives à la compensation à 14 milliards», note le rapport. Concernant les dépenses d’équipement (près de 46 milliards de DH), elles ont enregistré une croissance de 20% . Sur le registre des charges au titre du personnel, la Banque centrale estime que ces derniers devaient augmenter de 6,6% suite à «l’amélioration normale des salaires des fonctionnaires et de la création de 23.820 nouveaux postes budgétaires ainsi que la titularisation de 4.000 employés occasionnels». Cette mesure a été également prise durant l’exercice 2011. Cette fois ci, elle a été surtout dictée par la crainte du gouvernement de se retrouver face à des manifestations de rue semblables à celle des pays rabes (Tunisie, Egypte, Syrie Yémen et Libye ). Une politique qui a grevé les charges de l’Etat sans pour autant résoudre le problème. Et pour preuves, les manifestations des chômeurs revendiquant «le droit à la fonction publique moins contraignante », continuent toujours.

Un besoin en financement de plus de 33 MMDH
Selon la Banque centrale «l’économie nationale a dégagé un besoin de financement pour la quatrième année successive». Ce dernier, estimé en 2010 à 33 milliards et qui traduit une aggravation du déficit de l’administration centrale, s’explique principalement par la hausse des dépenses à un rythme plus rapide que celui du revenu. Pour sa part l’inflation, mesurée par l’accroissement de l’indice des prix à la consommation (IPC), s’est établie à 0,9% en 2010 contre 1% une année auparavant, soit le niveau le plus bas depuis 2001. «Cette performance intervient dans un contexte de faibles pressions de la demande tant intérieure qu’extérieure, et malgré le redressement des cours mondiaux des matières premières», souligne Bank Al-Maghrib.

235,2 MMDH au titre de l’épargne nationale
Suite à une progression de 4,9% des transferts courants et des revenus de la propriété en provenance de l’extérieur, le revenu national brut disponible (près de 806,9 milliards de DH), a enregistré une hausse de 4,4% après 3,7% en 2009. Dans ce sillage, l’épargne nationale a augmenté de 6,3% en 2010 contre une baisse de 2,4% en 2009. Elle a atteint 235,2 milliards de DH, l’investissement n’ayant augmenté que de 2,8%. Quant au besoin en financement, il s’est limité à 33,2 milliards de DH (4,3% du PIB, contre 5,4% en 2009. Enfin, le taux d’épargne s’est établi à 29,2% en 2010 contre 28,6% un an auparavant, mais en dessous des 29,9% enregistrés entre 2006 et 2008.

Quasi stabilité du marché de l’emploi

Le marché de l’emploi a été marqué en 2010 par une quasi-stabilité du taux de chômage au niveau de 9,1%. Ce dernier s’est établi à 13,7% en milieu urbain et à 3,9% en milieu rural. Le volume global de l’emploi ayant crû de 120.000 postes. «Parallèlement à la stagnation du SMIG à son niveau de 2009, les données de la CNSS montrent une forte décélération des coûts salariaux dans le secteur privé», note le rapport de Bank Al-Maghrib. L’indice des salaires moyens du secteur privé, calculé sur la base des données de la CNSS a enregistré une croissance de 2,9% en termes nominaux, contre 4,9% et 5,2% en 2009 et 2008 respectivement. A noter à ce niveau que ces deux dernières années (2008-2009) ont été caractérisées par deux revalorisations du SMIG. Pour sa part, le coût unitaire du travail a reculé, mais à un rythme inférieur à celui observé dans certains pays concurrents. Toutefois les données disponibles indiquent une amélioration de la productivité apparente du travail. Cette dernière a vu son indice (qui est mesuré par le rapport entre le PIB non agricole et la population active occupée en milieu urbain) a progressé de 3,1% d’une année à l’autre et de 5,8% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. De ce fait cet indice poursuit son trend haussier entamé en 2002. Derrière cette croissance, la progression de la valeur ajoutée non agricole s'élève à 4,5% contre 1,4% réalisé par la population active occupée.

Les Echos Quotidiens

 

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