À fin juillet, les dépenses de compensation ont augmenté de 89 % sur un an pour atteindre 28,6 milliards de DH. 14 milliards de dirhams, tel est le montant du déficit budgétaire arrêté à fin juillet dernier. Le chiffre révélé vendredi dernier par le département des Finances vient conforter l'optimisme du gouvernement sortant sur la bonne exécution de la Loi de finances 2011. Sachant que le solde déficitaire du budget s'élevait à 17,4 milliards de DH pendant la même période en 2010. À en croire les analystes de la Direction des études et des prévisions financières, la maîtrise des finances publiques au terme des sept premiers mois reflète «une exécution globalement favorable des recettes fiscales et une maîtrise continue des dépenses hors compensation».

Le gros lot des recettes émane des impôts indirects (42 milliards), principalement la TVA qui, seule, a généré environ 30 milliards de DH, en hausse de 8%. Cette évolution est à mettre à l'actif du bon comportement de la TVA perçue sur les importations, notamment celles des produits énergétiques (+35%). Les recettes au titre de la taxe intérieure de consommation (TIC) ont faiblement augmenté de 1,1%, tirées surtout par la rubrique des «produits pétroliers». En revanche, la baisse des recettes de la TIC relatives aux tabacs devrait interpeller à plus d'un titre (face à l'augmentation du nombre de fumeurs, elle renseigne sur l'ampleur du phénomène de la contrebande).
De leur côté, les impôts directs ont drainé 41 milliards de DH (+8%), boostés par l'impôt sur les sociétés (IS) qui a généré 24,3 milliards de DH, contre 15,8 milliards au titre de l'Impôt sur le revenu (IR). La hausse de l'IS demeure en partie exceptionnelle, dans la mesure où certaines grandes entreprises publiques, vers fin juillet 2010, n'avaient pas versé d'acompte. Sans omettre aussi l'impact en 2010 des plus values taxées lors de la cession de Méditel.
Toujours à fin juillet 2011, malgré la maîtrise du train de vie de l'État, les dépenses ordinaires ont augmenté de 13% à 109 milliards de DH. Comme prévu, la plus forte hausse (+89%) a été constatée au niveau des dépenses de compensation.
Celles-ci ont atteint 28,6 milliards de DH au terme des sept premiers mois, contre 15,1 milliards une année auparavant. Hors ce coût d'ordre social, aggravé par la flambée des cours internationaux des matières premières, les dépenses ordinaires auraient légèrement baissé de 0,7% pour se limiter à 81 milliards de dirhams. Les charges en intérêts de la dette du Trésor se sont exécutées à hauteur de 58,6%. Elles ont augmenté de 3,2%, sous l'effet de la hausse de celles de la dette intérieure de 1,2% et de celles de la dette extérieure de 17,3%.
Par ailleurs, après deux mois successifs de repli, les levées du Trésor au niveau du marché des adjudications se sont redressées au cours du mois d'août.
Elles ont atteint 12,4 milliards de dirhams contre seulement 3,7 milliards en juillet. Elles ont représenté 21,4% des levées cumulées au terme des huit premiers mois de 2011. Ces levées ont été marquées par le recours du Trésor pour la troisième fois, après mars 2009 et janvier 2010, aux maturités à 21 jours d'un montant de 2 milliards de dirhams. En revanche, les remboursements du Trésor se sont repliés de 25,3% par rapport au mois de juillet pour s'établir à 4,9 milliards de dirhams. De ce fait, les levées nettes du Trésor ont été positives de 7,5 milliards de dirhams, après qu'elles aient été négatives de 2,8 milliards de dirhams en juillet. Compte tenu de ces évolutions, l'encours des bons du Trésor par adjudication à fin août 2011 s'est inscrit en hausse de 5,3% par rapport à son niveau de fin décembre 2010, pour s'établir à 292,6 milliards de dirhams.
Légère amélioration des réserves en devises
Après cinq mois consécutifs de baisse, les avoirs extérieurs nets se sont redressés à fin juillet 2011 de 2,2% pour se chiffrer à 178 milliards de dirhams. Cette évolution constatée en glissement annuel se justifie par la hausse des réserves de change des banques et des OPCVM monétaires. Dans ce contexte précis, Bank Al-Maghrib a maintenu au cours du mois d'août 2011 ses interventions régulières d'injection de liquidités pour satisfaire les besoins des banques.
Le taux interbancaire moyen pondéré au jour le jour a été relativement stable en se situant à des niveaux proches du taux directeur (3,25%).
Le Matin






















