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La note A4 confirmeé pour le Maroc

En dépit des soubresauts qui affectent le contexte extérieur, le Maroc reste assez bien loti pour faire face à ses engagements extérieurs. La Compagnie française d'assurances pour le commerce extérieur (Coface) a maintenu la notation du Maroc en A4. Bien que classant le Royaume dans la liste des pays à la solvabilité moyenne, cette notation confirmerait donc que le Maroc ne présenterait pas «un environnement économique incertain est susceptible d'affecter des comportements de paiement souvent médiocres». Grosso modo, on estime que «la capacité du pays à faire face à ses engagements extérieurs semble assurée, en dépit des chocs défavorables que subit l'économie».

coface

Pour justifier ce rating, l'assureur cite certains atouts dont dispose la texture économique. «Avec un régime de change administré et un niveau de réserves assez confortable, le pays dispose d'une capacité de résistance satisfaisante à un retrait brutal de capitaux». Pour la Coface, ces ressorts continuent d'être confortés par un système bancaire assez développé. En dehors de l'Afrique du Sud, l'activité demeure bien capitalisée et rentable à l'échelle continentale. Au rang des justificatifs de la note de la Coface, il y a aussi l'amélioration ainsi que la progression de la réglementation macro prudentielle.

Au registre de la conjoncture, l'assureur français indique que la croissance de l'économie marocaine, en 2011, doit rester principalement portée par la demande interne, avec un relatif dynamisme des activités non agricoles. «Plusieurs secteurs devraient en bénéficier, notamment l'automobile et le bâtiment, sous l'impulsion du développement du logement social par le gouvernement, alors que la production céréalière se maintiendrait». En dépit d'une dépendance du Maroc vis-à-vis de l'Union européenne (UE), où la croissance restera molle, la contribution de la demande interne serait déterminante pour le raffermissement de l'éclaircie conjoncturelle.

Malgré cet optimisme, la Coface souligne quelques bémols. Elle cite les effets directs et indirects du «printemps arabe» sur l'économie marocaine. Au Maroc, l'économie est impactée via les cours du pétrole, les flux migratoires de retour, mais aussi les effets des révoltes sur le tourisme, les exportations et les investissements étrangers. Ce contexte, pour le moins effervescent, laisserait présager un taux de croissance moindre que celui envisagé par les centres de prévisions nationaux (4,6%). Les exportations seraient dopées, notamment par la progression des ventes des phosphates, mais la mollesse de la demande de l'UE et le niveau élevé des prix internationaux de l'énergie vont peser négativement sur la balance commerciale. Soufflant le chaud et le froid, la Coface estime que les revenus du tourisme et les transferts des expatriés pourraient connaître un tassement avec en prime un creusement du déficit des comptes extérieurs. Celui-ci ne devrait être qu'en partie couvert par les flux d'investissements directs étrangers.

À ce niveau, il est précisé que le Maroc bénéficiait d'un transfert en sa faveur de projets qui, avant les révolutions arabes, auraient été réalisés ailleurs. Ces investissements, provenant principalement de l'UE ou du Moyen-Orient, s'insèrent le plus souvent dans le cadre de partenariats public-privé dans le cas des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires ou touristiques. Il n'en demeure pas moins toutefois que cette économie connaît encore une relative fragilité sur certains segments, à l'exemple de la faible diversification des exportations, domaine où le Maroc a des difficultés à faire valoir les atouts compétitifs et à atteindre des marchés au-delà des frontières européennes.

Au total et malgré une diversification accrue dans des secteurs à plus haute valeur ajoutée, l'économie demeure, également, tributaire des performances du secteur agricole et donc des aléas climatiques. Concernant les finances publiques, leur assainissement recherché ces dernières années s'est traduit par un endettement public gérable, essentiellement domestique. «L'année 2011 devait être marquée par une certaine rigueur, les réformes en cours ayant pour but de réduire durablement le déficit budgétaire et la dette publique. Or, dans la foulée du “printemps arabe”, des rallonges budgétaires ont été prévues afin de préserver le climat social. Les mesures d'accompagnement social (compensation) et l'alourdissement de la facture pétrolière se traduiraient par un creusement déficit budgétaire et une hausse de la dette publique en 2011». Une grande partie de la dette extérieure, essentiellement publique et dont le poids est supportable, est due à des conditions concessionnelles, ce qui constitue un avantage certain. En somme, il est tout à fait loisible de dire que «les réformes structurelles profondes et suffisamment significatives entamées par le
Maroc seraient à même de garantir un climat serein à l'investissement».

Des notations relativement favorables

En prenant en considération le benchmark, on peut considérer que le Maroc peut se targuer de ne pas être trop malmené par les jugements des différentes agences de notation.
C'est ainsi que, récemment, et dans le sillage du FMI, l'agence américaine Standard & Poor's avait jugé favorablement les perspectives de la dette à long terme en devises du pays, alors que, l'agence Fitch Rating considère que le Maroc mérite la note Investment Grade qui lui permet de rassurer et d'intéresser les IDE. Ces notations favorables sont le reflet de la résilience de l'économie marocaine devant la crise économique internationale, et ce grâce à la force et à la dynamique de sa demande intérieure en termes de consommation et d'investissements, à l'importance des investissements publics, à l'amélioration et à la consolidation confirmée des finances publiques et à un système financier faiblement impacté par les risques internationaux.

Le Matin

 

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