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La «Baraka» de la compensation...

La compensation pèse lourd sur le budget de l’État, aggrave l’endettement du pays et profite essentiellement aux riches. Quant à la réforme, elle n’a pas abouti. Ce sont les critiques qui ressortent depuis des années déjà des débats économiques et politiques relatifs à la Caisse de compensation. Or, pour Nizar Baraka, ministre des Affaires économiques et générales, il s’agit «plutôt d’idées reçues». Pourtant son poids dans les caisses de l’Etat est passé de près de 4 milliards en 2002 à 45 milliards de DH en 2011. «Cette évolution a été erratique. Lorsqu’on est passé de 31 à 13 milliards de DH en 2009, personne n’a parlé de réforme, car la problématique n’est pas liée uniquement aux chiffres, mais à la vision par rapport à la réforme», note Baraka. Cela étant, le ministre soutient que l’on oublie souvent de parler de recettes fiscales liées aux produits subventionnés, qui représentent entre 16 et 20 milliards. De ce fait, le résultat de la charge nette de compensation n’est pas selon le ministre de «5% du PIB comme cela a été avancé, mais sera de 2% cette année, car l’effort budgétaire varie entre 0,2 et 3% du PIB».

charges de compensation au maroc

Concernant la dégradation de l’endettement du pays, le ministre istiqlalien qui reconnaît que le déficit budgétaire se rapproche des charges de la compensation, affirme que le solde ordinaire est positif et que l’épargne publique qui se dégage réduit l’effort d’investissement. «On ne peut donc pas dire que la Caisse de compensation dégrade l’endettement. C’est complètement faux», soutient Baraka. Par ailleurs, la critique qui veut que 20% de la population riche mobilise plus de 42% de la compensation alors que les 20% des plus pauvres ne mobilisent que 7% est également balayée d’un revers de main par le ministre Istiqlalien. «Cela est vrai lorsqu’on prend l’enveloppe de la compensation et qu'on la partage sur l’ensemble des ménages. Cela fait que plus on consomme, plus on bénéficie de la compensation» souligne le ministre . «Dans les faits cependant, la situation est un peu différente, car l’approche adoptée est fausse». À ce titre, il rappelle que 72% de l’enveloppe de la compensation est dédiée au gasoil, alors que le transport en commun et de marchandise profite de cette enveloppe à hauteur de 90%. Le transport individuel ou privé n’en profite qu’à hauteur de 9%. «Autrement dit, l’idée selon laquelle la subvention profite aux riches est également fausse, car les 20% des plus riches ne profitent que de 10% seulement de l’enveloppe de compensation. Les 70% de cette enveloppe dédiée au gasoil va essentiellement à la classe moyenne.

Et c’est à ce niveau que se situe la solution qu’on devra pouvoir apporter», soutient Nizar Baraka. S’agissant de la critique qui ne reconnaît à l’actuel gouvernement aucune réforme de la Caisse de compensation, Nizar Baraka, estime que cela est vrai si l’on considère que la réforme équivaut à la baisse des dépenses. «Mais ce que l’on ne dit pas expressément, c’est qu’il faudrait augmenter les prix pour que ces dépenses diminuent. C’est ce que nous reprochent d’ailleurs certains opérateurs politiques», rappelle-t-il. Pour lui, si le gouvernement avait cédé à la tentation d’augmenter les prix, celui du gaz butane se serait multiplié par 3 celui du sucre par 2 et le gasoil aurait augmenté de 50%, sans oublier la facture d’électricité, qui aurait grimpé de 15%. L’implication de cette mesure se serait traduite par une hausse de l’inflation de 3 points à 4,9% au lieu de 0,9% enregistré en 2010 en raison des effets d’entraînement liés à cette augmentation. «On aurait également une hausse de la pauvreté de 2 points de 8,9 à11,9%, soit 7.000 pauvres de plus dont une bonne partie issue de la classe moyenne. On aurait également mis dans la pauvreté la plus totale plus de 214.000 Marocains vivant dans le monde rural», ajoute Baraka. Au delà de ces critiques, une réforme de cette taille nécessite une étude sur sa faisabilité. Aussi, le ministère et la Banque mondiale ont mené une étude sur près de 1.600 ménages, représentant les différentes catégories socioprofessionnelles de la société marocaine. À l’issue de cette étude, il a été constaté que la majorité des ménages marocains ont un revenu très limité. Selon une autre étude du HCP, 40% de la population des ménages ont un revenu de moins de 1.900 DH. Et 80% de la population ont moins de 6.500 DH. «Comment peut-on faire une réforme basée sur la hausse des prix avec ces structures de revenus ?», se demande le ministre.

Aussi fallait-il faire évoluer la marge de manœuvre du gouvernement. Ainsi, un sondage relatif aux prix du gaz a été effectué auprès de la classe moyenne plutôt confortable de cet échantillon. Il en ressort que si une hausse de 2 DH du prix de la bombonne de gaz est tolérable, il n’en reste pas moins qu’elle est prise pour un mauvais présage annonçant d’autres augmentations. Autrement dit, le casse tête de la réforme de la Caisse de compensation n’est pas près d’être résolu et ce sera au prochain gouvernement de s’y atteler.

Les echos quuotidien

 

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