La situation des finances publiques reste tendue, notamment du point de vue du solde budgétaire et du niveau d'endettement. Le budget 2011 fait face à de fortes tensions. «Malgré une amélioration enregistrée au niveau des recettes, la pression sur les dépenses s'est accentuée».
Selon le Haut commissariat au plan, les charges de compensation se sont envolées sous l'effet de la poursuite de la hausse des cours des matières premières, notamment le pétrole, sur le marché international. Le niveau du déséquilibre budgétaire s'est élargi et ne semble pas s'apaiser pour le reste de l'année, vu l'importance des dépenses prévues. Les dépenses budgétaires ont marqué une envolée de 14%, à la suite d'une élévation plus importante des dépenses de compensation.
Ces dernières se sont accrues de 88,2%, en raison du renchérissement des prix des matières premières sur le marché international et de la décision de l'État de préserver le pouvoir d'achat de la population, en limitant la répercussion de ce renchérissement sur les prix locaux de certains produits. La contribution de la compensation s'est élevée à 12,3 points dans la croissance des dépenses budgétaires. En parallèle, les dépenses de personnel se sont accrues de 10,6% et leur contribution s'est élevée à 4,5 points. L'effort de l'investissement budgétaire s'est infléchi et les dépenses y afférentes ont enregistré une régression de 9,4%.
La pression sur les dépenses publiques sera maintenue tout au long de l'année. En plus du maintien des cours des matières premières à des niveaux élevés, le budget devrait faire face aux charges relatives aux accords sociaux et au recrutement des diplômés chômeurs. Les dépenses additionnelles seraient de nature à creuser davantage le déficit budgétaire. L'on prévoit, ainsi, une augmentation du déficit au-delà de 3,5% du PIB, fixé au départ par la Loi de finances 2011. Affectée par une augmentation plus importante des dépenses par rapport aux recettes, l'épargne budgétaire est devenue négative et n'a pas pu couvrir une partie des investissements engagés au cours des huit premiers mois de l'année 2011.

Le solde budgétaire s'est détérioré de 16,9%, enregistrant un déficit de 22,7 MMDH. Les recettes budgétaires ont marqué une reprise en 2011, après avoir régressé au cours des deux dernières années, plombées par les retombées de la crise internationale. Elles ont augmenté de 6,9% durant les huit premiers mois de l'année, en comparaison avec la même période de l'année 2010. Les recettes à caractère fiscal ont particulièrement contribué à cette hausse.
Le Matin






















