La situation est tendue. Jamais les arriérés de paiement relatifs aux subventions des produits énergétiques dues aux pétroliers n’ont atteint ce niveau.
Si, auparavant, quand ils atteignaient 6 milliards de dirhams, l’alerte était déclenchée, qu’en dire aujourd’hui sachant que les impayés de l’Etat ont effleuré les 20 milliards de dirhams. «Les opérateurs sont depuis quelque temps dans l’embarras. On est à 5 mois de retard seulement, et pourtant le chiffre atteint 20 milliards.
Nous avons un rendez-vous avec le gouvernement de M. Benkirane pour essayer de la dénouer la situation dans les plus brefs délais», nous déclare Adil Ziady, président du groupement des pétroliers. En attendant de voir l’issue de cette réunion, prévue le 12 ou le 13 janvier 2012, à laquelle prendra part un spécialiste de la question Nizar Baraka, nouveau ministre des Finances, chaque mois de retard de plus équivaut à 4 milliards de dirhams qui s’ajoutent à la facture salée des impayés.
Comment est-on arrivé à ce stade? La subvention des produits énergétiques et notamment les carburants, qui représente la grosse part de la Les impayés de l’Etat menacent la compensation facture, est la différence entre le prix à la pompe et le prix réel. Avec la hausse des cours mondiaux du pétrole, la non répercussion des augmentations sur les prix à la pompe entraîne une explosion des subventions supportées par l’Etat à travers la Caisse de Compensation.
Dérapages budgétaires Les gouvernements qui se sont succédé dans la gestion de la chose publique ont tout fait pour stabiliser les prix des produits énergétiques de peur qu’une augmentation ne se répercute sur les prix de transport des marchandises de première nécessité et donc sur le pourvoir d’achat des citoyens. Le cabinet Abbas El Fassi n’a, non seulement, pas échappé à la règle, mais il a creusé le déficit budgétaire de façon inquiétante en maintenant les prix à leur niveau habituel malgré que les cours du baril du pétrole poursuivaient leur flambée.

En effet, durant cette année, la subvention des produits pétroliers et du gaz butane s’est élevée à 41 milliards de DH, soit plus de 50% par rapport à l’année 2010. Avec un cours du baril Brent qui s’obstine à rester au-dessus de la barre des 100 dollars, le nouveau gouvernement devrait rapidement prendre en charge, et en priorité, ce dossier. Cela est d’autant plus nécessaire que les dérapages financiers commencent à susciter des inquiétudes. Surtout si la cause en est les dépenses de fonctionnement dont la compensation fait partie.
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