TOUJOURS pas de visibilité sur l’avenir de Diac Salaf. Le mangement tente difficilement de jouer au pompier. Abdelkrim Bencherki, PDG de la société, continue à repousser une échéance qui paraît inévitable. Lors de la dernière assemblée générale ordinaire qui s’est tenue, mardi dernier, le management a encore une fois brandi la carte de la recherche d’un partenaire, après l’échec des négociations avec Crédit Agricole du Maroc et CMKD bien avant. Bencherki a assuré être en contact avec des «opérateurs étrangers» pour une éventuelle reprise de la société. Il avait déjà confié à L’Economiste (édition du 19 juillet 2011) «qu’il était sur une opportunité et espérait une issue rapide (pour fin septembre)».
Autre possibilité, un emprunt pour tenter d’assainir les comptes de Diac Salaf. Les créances auprès des banques sont estimées par le marché à près de 300 millions de DH. L’option de la recapitalisation semble, en tout cas, incontournable.
Si les négociations sur une éventuelle reprise n’aboutissent pas, la société devrait soumettre sa situation à Bank Al-Maghrib ainsi qu’au CDVM, qui, au demeurant, sont restés stoïques, face à cette situation qui dure déjà depuis plus de 3 années. Certes, la banque centrale a sermonné la société, au moment des négociations avec CAM, en octobre 2010, mais rien n’a changé depuis. Les chiffres de l’exercice 2010, les seuls disponibles (un comble pour une société cotée qui est tenue de publier ses résultats 2 fois par an) sont en chute libre. Etant en cessation d’activité, l’entreprise affiche un déficit de plus de 18 millions de DH pour des pertes cumulées estimées à 38 millions de DH.

Cotée en Bourse depuis près de 50 ans, la société subit les affres du marché depuis plusieurs années. Le cours n’a jamais pu retrouver ses plus hauts niveaux de 2006 (plus de 300 DH). Actuellement, il a perdu près de 10 fois sa valeur. Le titre qui n’a pas traité lors de la séance d’hier, mercredi 30 novembre, ne se négocie plus qu’à 36,86 DH. Depuis le début de l’année, sa baisse dépasse 66%.
Mais comment Diac Salaf en est arrivée là ? La société a connu en 2004 quelques difficultés financières en raison d’un encours d’impayés de 130 millions de DH correspondant à des crédits alloués aux fonctionnaires des administrations publiques. Ces impayés ont conduit à mettre en place un plan de mise à niveau dès 2005.
A commencé alors une longue phase d’assainissement qui a été contrariée par une concurrence féroce contre laquelle Diac n’a rien pu faire.
L'Economiste





















