D'après le survol des théories et des travaux empiriques dont l'objectif est d'expliquer les variations des prix des actions (Veuillez faire une recherche sur notre site pour consulter ces approches théoriques et empiriques), plusieurs déterminants de ces variations peuvent être citées.
- L'offre et la demande des titres ;
- Le taux d'intérêt ;
- Les dépenses d'investissement ;
- La richesse des individus et a richesse nationale ;
- Le rendement anticipé des actifs ;
- Le risque ;
- La liquidité ;
- Le taux d'inflation ;
- Taux de croissance des dividendes ;
- Les informations (publication des résultats comptables, taux de chômage (par exemple aux Etats Unis), etc.) ;
- La psychologie des investisseurs (la peur, la détresse, l'impatience, l'enthousiasme…etc.) ;
- Le taux de change.
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La littérature économique a également ciblé d'autres déterminants tels que : les exportations, les prix du pétrole, la production industrielle, etc.
Malkiel et Quandt[1], dans leur modèle réduit, ont choisi d'autres variables telles : les nouvelles dépenses engagées par la défense, nouvelles commandes en biens durables, indice du sentiment du consommateur, nombre de contrats de travail venant à échéance.
Cependant, en se referant aux études déjà effectuées dans d'autres pays et ayant une relation avec le sujet, et vu les données dont on dispose, on se propose d'étudier les déterminants suivants : le taux d'intérêt (moyen pondéré des dépôts à 12 mois) ; la masse monétaire (signe de la liquidité de l'économie (M1)) ;l’indice des prix à la consommation ; Les prix du pétrole ; Le taux de change ; Les exportations ; La formation brute de capital fixe ; la production industrielle et le produit intérieur brut.
Avant de commencer les estimations, qui nous permettront de détecter le sens des causalités, s'elles existent, entre les variables citées et la variable à expliquer, il importe d'examiner les prédictions de la théorie économique en la matière :
- Une hausse (baisse) du taux d'intérêt des bons de trésor à 52 semaines réduirait (augmenterait) l'attrait des actions. La conséquence serait une réduction (hausse) de l'indice boursier, ceteris paribus. Cela s'explique par le recours des investisseurs aux titres publics moins risqués.
- La flambée (baisse) des prix du pétrole aurait un impact négatif (positif) sur les prix des actions en raison de son impact négatif (positif) sur les coûts de production des entreprises cotées, et par conséquence sur leur résultat comptable, ceteris paribus. Les prix du pétrole ont un "effet domino" sur toute l'économie d'un pays en raison des interrelations qui existent entre les secteurs et les branches.
- L'augmentation (baisse) de M1 (cet agrégat est composé de la monnaie fiduciaire et de la monnaie scripturale), signe de liquidité de l'économie, aurait un impact positif (négatif) sur les prix des actions. La raison est que les agents économiques auront plus (moins) de moyens financiers pour financer l'acquisition des actions, ceteris paribus.
- L'augmentation (baisse) du taux de change signifie une appréciation (dépréciation) du Dirham (voir la méthode de calcul dans le chapitre II partie II) qui aurait un effet négatif (positif) sur les investissements en portefeuille provenant de l'étranger (des marocains résidants à l'étranger (MRE) et certains investisseurs étrangers en particulier). Cela s'explique par la cherté (non chers) des actions cotées à la BVC pour ces investisseurs et préfèrent donc orienter leur épargne (capitax fébriles) vers d'autres places moins chères, ceteris paribus.
- Une hausse (baisse) du taux d'intérêt réel moyen pondéré des dépôts à douze mois aurait un effet similaire à l'effet de la hausse (baisse) du taux d'intérêt servi aux bons de trésor. On peut expliquer cet effet par le recours (aversion) des épargnants aux dépôts à terme procurant une rémunération élevée et sûre (modique et incertaine) au lieu de placer leur argent dans l'achat des actions, ceteris paribus.
- Quant aux exportations, l'augmentation (diminution) de leur quantité aurait un effet positif (négatif) sur la rentabilité espérée des entreprises exportatrices, qui, à son tour, aurait un impact bénéfique (négatif) sur le cours des actions des dites entreprises. L'impact des exportations sur les cours des actions peut se faire également par la voie de la balance des paiements grâce aux mécanismes de la création monétaire dans le sens où une augmentation des exportations engendrerait l'afflux des devises, une source de création monétaire, ceteris paribus.
- Une augmentation (diminution) de la FBCF[2], indicateur de l'investissement dans un pays, entraînerait une augmentation (diminution) des cours des actions en raison de la relation étroite qui existe entre l'effort d'investissement d'une entreprise et sa valorisation boursière (supra. Le coefficient de James Tobin), ceteris paribus.
- De même, pour le PIB, une hausse (baisse) du PIB induirait une augmentation (diminution) des cours des actions des entreprises. Cela s'explique par la relation existant entre le PIB et le cours des actions des entreprises par le biais de la valeur ajoutée créée par celles-ci.
- Pour la production industrielle, son augmentation (diminution) aurait un effet positif (négatif) sur les cours des actions, ceteris paribus.
La théorie et les études empiriques nous ont montré les facteurs influençant les prix des actions. Le survol théorique que nous avons fait se veut global et général mais le choix des déterminants est dicté par les spécificités de l'économie marocaine et la disponibilité des données. A titre d'exemple, la théorie nous prouve que la variable psychologique détermine amplement les prix des actions, mais, malheureusement, on ne possède pas des données sur ce genre de variable chez nous au Maroc. Cet exemple peut être étendu à d'autres déterminants (la prime de risque, le rendement anticipé des actions, etc.).
Les études empiriques vérifient et complètent la théorie économique. Elle s'étend également à d'autres variables. Ainsi, les chercheurs ont choisi des variables censées avoir un effet sur les prix des actions car la nature de l'économie l'impose. Par exemple, les américains intègrent la production industrielle dans la gamme des variables explicatives de l'évolution du DJIA, car cet indice pilote l'évolution d'une trentaine de sociétés industrielles cotées à la bourse de New York.
La partie suivante aura pour objectif d'étudier les variables ciblées en utilisant des techniques économétriques appropriées.
[1] PRAT, Georges. (1984). « Essai pour une reformulation générale du cours des actions », Economica, Paris, France.
[2] L'agrégat FBCF est large puisqu'il mesure l'investissement en capital fixe des différents agents économiques résidents. C'est-à -dire qu'en sus des entreprises privées, les entreprises publiques, non cotées, sont prises en considération. De même pour le PIB qui comptabilise le niveau de la production interne de biens et services donnée par les agents résidant à l'intérieur d'un territoire.






















